Private equity : une promesse de rendement à manier avec discernement

Introduction

Le private equity s’est imposé comme une composante majeure des portefeuilles des investisseurs les plus fortunés.

Son attractivité repose sur une promesse simple : des rendements supérieurs aux marchés cotés.

Cette promesse s’appuie sur des données historiques solides, mais qui nécessitent d’être interprétées avec rigueur.

Le private equity ne constitue pas une classe d’actifs homogène, ni une source automatique de surperformance, et est assorti d’une contrainte forte, l’absence de liquidité.


Qu’est-ce que le private equity?

Le private equity consiste à investir dans des entreprises non cotées, généralement via des fonds spécialisés.

Ces investissements s’inscrivent dans un horizon long, souvent supérieur à dix ans, avec une logique de transformation puis de revente des entreprises détenues.

L’investisseur ne dispose pas de liquidité intermédiaire : le capital est appelé puis restitué progressivement au fil du cycle d’investissement.


Les principaux types de private equity

Le private equity recouvre des stratégies différentes selon le stade de développement des entreprises.

  • Capital-risque (venture capital) : financement d’entreprises jeunes, innovantes, avec un potentiel élevé mais un risque important
  • Capital-développement (growth equity) : accompagnement d’entreprises en croissance
  • LBO (leveraged buy-out) : acquisition d’entreprises matures, souvent rentables, avec recours à l’endettement

Ces segments présentent des profils de risque et de rendement très différents.


Des rendements historiquement élevés

Les principales bases de données (Burgiss, Cambridge Associates, Preqin) convergent sur les ordres de grandeur suivants sur longue période :

  • Capital-risque : environ 12 à 15 %, avec une variabilité plus forte
  • Capital-développement : généralement 10 à 14 %
  • LBO : environ 13 à 16 % nets annualisés
Sur longue période, le private equity a historiquement affiché des rendements supérieurs aux marchés cotés, mais cette moyenne masque une dispersion très élevée entre fonds, millésimes et stratégies. Historiquement, le buyout a été le segment le plus régulier, tandis que le venture capital concentre les extrêmes (très bonnes et très mauvaises performances). L’enjeu pour l’investisseur n’est donc pas seulement d’accéder à la classe d’actifs, mais d’accéder aux bons véhicules, au bon moment, avec des frais et une liquidité compatibles avec son portefeuille.

Une dispersion déterminante

Au-delà de la moyenne, le point clé est donc la dispersion.

Elle est nettement plus élevée que sur les marchés cotés :

  • les meilleurs fonds peuvent générer des rendements très élevés
  • une partie significative des fonds délivre des performances plus modestes, voire (très) négatives

Cette dispersion s’explique par :

  • la qualité des équipes de gestion
  • la discipline d’investissement
  • le contexte de marché au moment du déploiement

👉 deux investisseurs exposés au private equity peuvent obtenir des résultats très différents.


Une surperformance qui dépend du contexte

La surperformance du private equity n’est ni constante ni garantie.

Elle dépend notamment :

  • des conditions de financement (niveau des taux)
  • des niveaux de valorisation à l’entrée et à la sortie
  • du cycle économique

Des analyses récentes de McKinsey & Company montrent que les rendements des millésimes récents ont été plus contrastés, reflétant un environnement moins favorable.


Une liquidité limitée

Le private equity impose une contrainte majeure : l’illiquidité.

Le capital est engagé sur plusieurs années, typiquement dix ans avec des possibilités d’extension. Nous ne traitons pas ici le sujet des fonds evergreen/ELTIF, qui offrent des fenêtres de sortie régulières mais limitées, ce qui pèse sur leur rendement.

Cette caractéristique peut être compatible avec certains objectifs patrimoniaux, mais impose une gestion globale rigoureuse du portefeuille.


Un risque moins visible

L’absence de cotation quotidienne donne une impression de stabilité.

En réalité, les entreprises détenues restent exposées aux cycles économiques, parfois de manière amplifiée.

Le risque est donc bien présent, mais moins observable: l’absence de volatilité est un corrolaire de l’illiquidité.


Quelle place dans un portefeuille

Le private equity peut constituer un complément intéressant dans une allocation, notamment pour des investisseurs disposant :

  • d’un horizon long
  • d’une capacité à immobiliser une partie de leur capital
  • de montants conséquents à investir (la plupart des fonds ne sont accessibles qu’à partir de 100 000 €, les meilleurs peuvent avoir des seuils beaucoup plus élevés)
  • d’un accès à des véhicules de qualité

Il ne constitue pas une solution universelle, ni un substitut aux marchés cotés.


Conclusion

Le private equity repose sur une promesse de rendement fondée, mais exigeante.

Cette promesse dépend moins de la classe d’actifs elle-même que des conditions d’accès, du timing et de la sélection des fonds.


À retenir

  • rendement historiquement supérieur aux marchés cotés
  • dispersion élevée entre fonds
  • dépendance au cycle et aux conditions de financement
  • liquidité limitée
  • accès déterminant

Pour aller plus loin

Nous avons abordé le sujet à plusieurs reprises dans notre newsletter (article archivé ici).

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